Didon et Enée

Trois cent cinquante ans après la naissance de Henry Purcell, « Didon et Énée » continue d’attirer, par sa brièveté fulgurante, la netteté de sa construction, ainsi que par les passions diverses des marins, des sorcières et des rois qui le traversent.

Librement tiré du récit L’Énéide de Virgile, cet opéra emblématique de l’art baroque nous conte le destin d’une des premières grandes héroïnes tragiques. Une œuvre classique aux fortes résonances politiques contemporaines. 

Plus qu’une histoire d’amour tragique, « Didon et Énée » est une métaphore de l’affrontement entre Carthage et Rome, épisode central des Guerres puniques.

La force du mini-opéra (1 h) qu’en tira Purcell réside tout autant dans la résonance contemporaine – celle de deux migrants européens face à la guerre – que dans la puissance d’évocation de son extraordinaire final.

L’Histoire dans l’Enéïde

La ville de Troie en Asie Mineure (Turquie) est prise par les grecs, grâce au cheval du même nom où se cachaient les ennemis.
Le prince troyen Énée réussit à s’enfuir en portant son père Anchise sur ses épaules.
D’origine divine (il est fils d’Aphrodite -Vénus) Énée est appelé par les dieux à refonder une autre Troie sur les rivages de la Méditerranée, projet qui aboutira par la naissance de Rome.
Son bateau, pris dans la tempête, s’échoue sur les côtes africaines (aujourd’hui la Tunisie).
Il est reçu en héros dans le royaume de Carthage où ses exploits sont déjà connus.
Didon, avait fui la guerre civile qui sévissait à Tyr (Syrie) pour fonder Carthage et en devenir la reine .
Elle accueille d’autant mieux  Énée que son autorité est contestée par le royaume voisin.
Tout le monde a à gagner de cette union :  Didon, qui veut renforcer son pouvoir, et Énée, qui veut refonder une nouvelle Troie.
L’amour fait le reste…
Mais les histoires d’amour finissent mal en général.

100 % Purcell ?

Purcell s’est librement inspiré du texte de Virgile.

L’opéra fut représenté pour la première fois en 1689 dans un collège de jeunes filles, de Londres.
Purcell jouait lui-même du clavecin et les élèves du pensionnat exécutaient les danses que le compositeur avait ajoutées à l’opéra.

On ne connaît pas la partition originale.
Ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que furent collectées et copiées les plus anciennes partitions existantes de l’œuvre, comportant quelques variantes tant sur le texte que sur la musique.


Didon et Énée à Chambray
La distribution